Après l’ajustement des prix des carburants à la pompe, voici celui du prix des transports urbains et interurbains.
Début février 2024, après consultation de certains acteurs du secteur des transports, le Ministre du commerce a sorti une note pour augmenter de 15 pour cent au moins les prix des carburants à la pompe en République du Cameroun. Cette mesure qui intervient un an après le dernier réajustement est expliquée par l’ampleur des subventions qu’apporte le gouvernement aux prix des carburants au Cameroun. Le Président de la République, dans son message à la Nation du 31 décembre 2023, l’avait d’ailleurs annoncé. L4etat n’allait pas continuer de supporter tout seul le poids des subventions. Le consommateur devait trinquer un peu plus.
Limiter les subventions étatiques
Seulement voilà ! Malgré les doctes explications des thuriféraires du régime, le petit peuple ne s’explique pas toujours ce paradoxe d’un pays producteur de pétrole, qui vend tout son pétrole au marché international et importe tout le carburant consommé localement. Un pays qui dispose d’une raffinerie, quoique victime d’incendie il y a quelque temps, mais dont le pétrole produit localement n’a jamais été raffiné localement. Les mêmes spécialistes parlent d’incompatibilité entre la qualité du pétrole camerounais et les spécifications techniques de la raffinerie locale. Comme si on avait acheté sans tester ou, plus prosaïquement, « signé sans lire » Une autre hypothèse suggère que dans les années de récession, l’Etat camerounais aurait vendu pour plusieurs décennies son pétrole brut alors que les cours étaient au plus bas. Raison pour laquelle le Cameroun ne tirerait aucun bénéfice de la remontée des cours du pétrole sur le marché mondial. A tout cela, il faut ajouter la grande corruption des marqueteurs du pétrole sur la scène mondiale, qui privent les Etats des bénéfices de leurs pétrole au profit des hauts fonctionnaires appelés à négocier les prix officiels de vente à la baisse. L’affaire Gleencore est encore d’actualité et les enquêtes tardent à dévoiler leurs conclusions.
Le règne du gré à gré
Mais revenons à l’actualité de la hausse des prix du transport urbain et interurbain au Cameroun. Désormais, pour se déplacer en ville, il faudra débourser 350 francs le jour et 400 francs la nuit. 3000 francs pour une course diurne et 4000 pour celle de nuit. Cette revalorisation va faire face à au moins deux difficultés : la disponibilité de la monnaie chez les clients et les taximen d’une part, et l’extrême précarité des citoyens d’une part. D’où la négociation et le gré à gré recommandés par les autorités étatiques. S’agissant du transport interurbain, la confusion s’installe autour de la définition même de cette notion. Devra-t-on appliquer les 16 francs le kilomètre sur les zones périurbaines telles que Bafoussam – Bandjoun-Baham-Batié-Bandja- Bafang ; Bafoussam – Mbouda- Babadjou ; Bafoussam – Bansoa-Dschang- Santchou- Melong ; Bafoussam- Foumbot- Foumban ? Il nous semble que l’application stricte de ce barème sur les itinéraires sus indiqués pourrait même faire revoir à la baisse les tarifs jusqu’ici pratiqués. D’où la vigilance des autorités chargées de l’application de ces tarifs pour soulager les peines aux passagers à la solde des transporteurs véreux. En revanche, les transports interurbains sur de longues distances telles que Douala – Yaoundé ; Bafoussam – Douala ; Bafoussam-Yaoundé ; Bertoua- Yaoundé ; Ngaoundéré-Garoua-Maroua, pourraient se voir appliquer les nouveaux tarifs, sous réserve des variations des flux des passagers en fonction des périodes. C’est ainsi que le gré à gré règne souvent dans ce secteur. Les fins de semaines sont souvent pénibles, aussi bien physiquement que financièrement pour les passagers qui se rendent à l’Ouest pour de multiples cérémonies : obsèques, funérailles, etc. C’est à cet instant que le Gouvernement devrait jouer de son pouvoir régalien pour faire appliquer le juste prix.
Quid du transport par ’’bend skin’’ ?
Il reste à statuer sur les prix de transport public par taxi moto. Quelle est la législation qui régit ce sous-secteur des transports dans notre pays ? Dieu seul sait que les mototaxis mens résolvent autant de problèmes qu’ils n’en créent. A quel saint donc se vouer en matière de transport public au Cameroun ? Wait and see.
Junior Kamga






